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RBDSM : parler de désir, de limites et de consentement sans malaise

Encre bleue diffusant dans l'eau — illustration de l'outil de consentement RBDSM, par Mey Mekouar, psychosexologue
RBDSM : dire l’essentiel avant l’intime, sans tuer le moment
Mey Mekouar · Psychosexologue clinicienne · Approche internationale

L’essentiel

  • On parle de tout sauf de ce qui se joue avant l’intime : limites, désirs, santé, sens de la relation.
  • Le RBDSM nomme cinq domaines à clarifier : Relations, Boundaries, Desires, Santé, Meaning.
  • La version clinique RBDSM-PB ajoute le rapport public/privé et les biais de pouvoir et de contexte.
  • Le consentement n’est éclairé que si les deux personnes ont accès aux mêmes informations.
  • Expliciter ne refroidit pas le désir : le corps se détend quand le cadre est clair.
  • Lecture : 4 min.

On sait parler de tout — du loyer, des ex, des projets de vacances — sauf de ce qui se joue juste avant l’intime. Quelles sont mes limites ? Qu’est-ce que je veux, au juste ? Où en est ma santé sexuelle ? Qu’est-ce que cette nuit, ou cette relation, signifie pour l’autre ?

Ces questions, on les évite. Par peur de casser l’élan, de paraître trop sérieux·se, ou simplement parce qu’on n’a jamais appris à les poser. Résultat : on avance sur des présupposés. L’un imagine une histoire exclusive, l’autre une parenthèse. Et c’est souvent là, dans ce non-dit, que naissent les regrets — pas dans le désir lui-même.

Le RBDSM : nommer ce qui reste implicite

Le RBDSM est un outil de communication relationnelle qui sert précisément à mettre ces présupposés sur la table. Son nom ressemble à « BDSM » mais l’acronyme est distinct : chaque lettre nomme un domaine à clarifier — Relations, Boundaries (limites), Desires (désirs), Santé, Meaning (sens). La version clinique que j’utilise, le RBDSM-PB, en ajoute deux que l’expérience montre décisives : le rapport Public/Privé et les biais de pouvoir et de contexte.

Ce qui rend l’outil efficace n’est pas une recette, c’est un mécanisme simple : le consentement n’est pleinement éclairé que lorsque les deux personnes ont accès aux mêmes informations. Tant qu’une donnée importante reste implicite — un accord avec un autre partenaire, une limite non dite, une attente sur la suite — le « oui » repose sur une carte incomplète. Et contrairement à une idée reçue, expliciter ne refroidit pas le désir : ça sécurise. Le corps se détend quand le cadre est clair.

Ce que ça change vraiment

Aucun outil ne règle un désaccord de fond à votre place. Mais le RBDSM fait quelque chose de précieux : il rend les désaccords visibles assez tôt pour qu’on puisse en faire quelque chose. Deux personnes qui n’ont pas les mêmes attentes le découvrent en vingt minutes de conversation, plutôt qu’après des semaines de malentendus.

C’est un travail un peu inconfortable au début — comme tout ce qui demande de dire vrai. Et c’est exactement pour ça que ça fonctionne. En consultation, j’utilise ce type de cadre quand une personne seule ou deux partenaires butent sur le consentement, la confiance ou des attentes qui ne se rencontrent jamais.

J’ai adapté et enrichi cet outil en version clinique, libre à télécharger (mémo 2 pages + version à remplir 7 pages) : Découvrir et télécharger l’outil RBDSM-PB →

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