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Le symptôme sexuel n’est jamais seul

L’essentiel

  • Un symptôme sexuel arrive rarement seul : il vit dans une relation, une histoire, un corps.
  • Quatre systèmes se parlent en permanence : communication, attachement, système nerveux, culture et transmission.
  • Le symptôme a une logique, souvent protectrice ; il ne relève ni de l’imagination ni du manque de volonté.
  • Le travail consiste à comprendre ce que le symptôme organise, pas à réparer une pièce défectueuse.
  • Lecture : 5 min.

Une baisse de désir, une douleur, une érection qui se dérobe, une excitation qui tarde à venir : au cabinet, ces difficultés arrivent rarement seules. Elles s’accompagnent presque toujours d’autre chose — une tension dans la relation, une histoire, un corps qui passe en alerte sans qu’on le lui demande.

Regarder plus large que le symptôme

La tentation est de traiter le symptôme sexuel comme un problème isolé, technique, à réparer. C’est rarement suffisant — parce qu’un symptôme, ça a une adresse : il vit quelque part, dans une relation, dans une biographie, dans un système nerveux.

La psychologue clinicienne et sexothérapeute Denise Renye le formule bien à propos de la formation des thérapeutes. On apprend beaucoup à évaluer la communication, le désir et le fonctionnement sexuel — et beaucoup moins à lire les états du système nerveux, à reconnaître comment les blessures d’attachement s’organisent en symptômes sexuels, ou comment le trauma de l’intimité se loge dans le corps. Son idée tient en une phrase : on ne s’occupe pas seulement du symptôme sexuel, on s’occupe du système qui l’organise.

Le désir n’existe pas en dehors du corps qui l’éprouve.

d’après Denise Renye

Quatre systèmes qui parlent en même temps

Quand un·e patient·e progresse vraiment, c’est rarement sur « le sexe » seul. C’est presque toujours sur plusieurs plans à la fois. J’en distingue quatre, que chaque article de cette série vient détailler :

  • La communication — le non-dit, la peur de décevoir, les scripts hérités sur « comment ça doit se passer ». (Sexualité & communication)
  • Le système nerveux — bien avant l’envie, la sécurité ou la menace décident si le désir peut seulement apparaître. (Sexualité & système nerveux)
  • L’attachement — la manière dont on a appris à se sentir proche, ou à se protéger de la proximité, se rejoue dans l’intimité. (Sexualité & attachement)
  • Le trauma — ce que le corps a retenu et rejoue, parfois sans accès aux mots. (Sexualité & trauma)

Ces quatre systèmes ne fonctionnent pas en silos : ils se parlent en permanence. Une histoire d’attachement insécure laisse un système nerveux plus prompt à l’alerte ; un corps en alerte rend la communication plus défensive ; et ainsi de suite. Le symptôme sexuel est souvent le point où tout cela devient visible.

Ce que ça change pour vous

Deux choses, surtout.

Ce n’est pas « dans votre tête ». Un symptôme sexuel n’est ni une invention, ni un manque de volonté. Il a une logique, souvent protectrice, qui a du sens quand on la replace dans votre histoire et dans votre corps.

Ce n’est pas un échec personnel. Le travail ne consiste pas à forcer le désir ou à « réparer » une pièce défectueuse. Il consiste à comprendre ce que le symptôme organise — et, très souvent, à agir sur un autre plan (la sécurité corporelle, la qualité du lien, la parole) pour que le symptôme se déplace de lui-même, sans qu’on l’ait attaqué de front.

C’est aussi la raison d’être de cette série : donner, domaine par domaine, quelques clés concrètes — et montrer, à chaque fois, comment ce plan-là influence votre vie intime.


Si vous vous reconnaissez dans ce qui précède, on peut en parler dans un cadre confidentiel, sans jugement, au rythme qui vous convient.

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