Article · Sexologie
La statistique n’est pas la science : ma vision d’une sexologie rigoureuse
Psychosexologue clinicienne | Approche internationale

« Est-ce que c’est normal, ce que je vis ? »
C’est sans doute la question qui revient le plus souvent en consultation. Et c’est souvent à cette question qu’on répond le plus mal — y compris dans mon métier. Parce qu’on confond deux choses qui n’ont rien à voir : la statistique et la science. Dire à une personne que sa fréquence de désir, sa pratique ou son orientation se situe « dans la moyenne », ou au contraire « en dehors », ce n’est pas un acte scientifique. C’est une comparaison à une majorité.
Et c’est précisément ce regard par le prisme du plus grand nombre qui blesse celles et ceux que je reçois. Une démarche dite « sex-positive » consiste justement à ne pas plaquer une norme sur un vécu. Or répondre « rassurez-vous, c’est fréquent » fait exactement l’inverse : ça soulage un instant, mais ça installe l’idée qu’il fallait être validé·e par le nombre pour avoir le droit d’exister.
La science est une méthode, pas un verdict
La science, ce n’est pas un catalogue de normes. C’est une méthode — une manière rigoureuse de douter, de tester, et surtout de reconnaître ce qu’on ne sait pas. En sexologie comme en psychologie, l’honnêteté oblige à le dire : nous travaillons sur des domaines encore largement non élucidés. Ce dont nous disposons, ce ne sont pas des lois, mais des modèles explicatifs partiels — peu prédictifs, rarement compatibles entre eux. Comme dans beaucoup de sciences, d’ailleurs.
De cette lucidité je tire deux principes de travail. Le premier : une approche fondée sur les preuves (evidence-based), qui s’applique au choix des pratiques et des accompagnements — pas à un jugement sur ce que vous êtes. Le second : le rasoir d’Ockham, ne jamais introduire une explication plus compliquée que nécessaire. Le vécu individuel, lui, reste indiscutable. Les statistiques décrivent des groupes ; elles ne disent rien de juste sur une personne.
La rigueur au service de la personne
Cette rigueur n’est pas une froideur, et elle n’est surtout pas une arrogance. La science ne prouve pas que tout ce qu’elle n’a pas démontré n’existe pas. Une croyance spirituelle ou religieuse, une intuition, une manière de donner du sens à son intimité : rien de tout cela n’est disqualifié parce qu’un protocole ne sait pas le mesurer. Mon rôle n’est pas de vous dire ce qu’il faut croire. Il est de vous aider à avancer.
C’est là qu’intervient le pragmatisme, qui guide toute ma pratique : ce qui compte, c’est ce qui aide réellement la personne en face de moi. Pas ce qui est conforme à une moyenne, pas ce qui est commode à croire. Une démarche sérieuse, c’est une démarche qui assume de ne pas tout savoir — et qui met le peu qu’on sait au service de votre situation, pas l’inverse.
Consultation
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On y identifie ce qui bloque réellement — pas ce qui est commode à croire. Je reçois en cabinet à Paris 14e et en ligne.
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