La Roue du consentement
Servir · Recevoir · Prendre · Permettre
Un modèle simple et puissant pour distinguer, dans un échange, qui fait l’action — et pour qui elle est faite.
Outil original créé par
Dr Betty Martin — The Wheel of Consent (la Roue du consentement)
Cette page est une présentation pédagogique originale, en français, par Mey Mekouar, psycho-sexologue. Le modèle, son schéma et ses supports sont la propriété de Dr Betty Martin (sous copyright) — schéma gratuit, vidéos, formations et livre The Art of Receiving and Giving sur ses sites officiels.
La Roue du consentement est un modèle proposé par la Dr Betty Martin. Son idée centrale : dans tout échange — un massage, une caresse, un service rendu — deux choses se jouent en même temps. Qui fait l’action, et pour qui elle est faite. Le malaise, la frustration ou le consentement flou naissent souvent de la confusion entre ces deux plans.
Quand on répond clairement à ces deux questions, quatre situations apparaissent — quatre « quadrants ». Le même geste peut appartenir à l’un ou à l’autre selon l’intention. Ce n’est pas le geste qui change l’expérience, c’est la clarté sur ce qui est en train de se passer.
1. Qui fait l’action ? — est-ce moi qui agis, ou est-ce l’autre qui agit sur moi ?
2. Pour qui est-ce ? — à qui ce moment est-il principalement destiné : à moi, ou à l’autre ?
Croiser ces deux axes donne les quatre cases ci-dessous. Apprendre à les nommer, c’est se redonner du choix — et un consentement vivant, pas seulement subi.
Un seul geste : passer la main dans les cheveux de l’autre. Selon qui exprime le désir et formule la demande, il ne tombe pas dans la même case. Prenons deux personnes : Alex et Sam.
Sam : « J’adore qu’on me passe la main dans les cheveux, ça me détend. »
Sam : « Tu voudrais le faire pour moi, là ? »
Alex : « J’ai très envie de passer mes mains dans tes cheveux, juste pour le plaisir que ça me fait. »
Alex : « Est-ce que je peux, pour moi ? »
Même action, deux cases opposées. Ce qui tranche, ce n’est pas le geste — c’est qui demande et pour qui. D’où la trame qui sécurise l’échange : d’abord nommer le désir, puis poser une demande claire, à laquelle l’autre peut répondre un vrai oui… ou un vrai non.
Les quatre cases se regroupent en deux dynamiques. La main du don (Servir + Recevoir) : l’action est pour la personne qui reçoit. La main de la prise (Prendre + Permettre) : l’action est pour la personne qui agit.
La même caresse peut donc appartenir à des cases opposées selon « pour qui » elle est faite. Tout l’enjeu — et tout le soin — tient dans cette clarté : ce flou, laissé implicite, est à l’origine de bien des malentendus, des ressentiments et des consentements ambigus.
Pour ressentir ces cases dans le corps plutôt que de seulement les comprendre, Betty Martin propose un exercice simple, pas nécessairement sexuel. À tour de rôle, sur un temps court, on se pose deux questions :
· « Comment as-tu envie que je te touche ? » → tu reçois, je sers.
· « Comment as-tu envie de me toucher ? » → tu prends, je permets.
Chaque demande peut recevoir un oui ou un non ; on inverse ensuite les rôles. L’intérêt : sentir concrètement la différence entre faire pour l’autre et faire pour soi, et réapprendre à poser un oui et un non clairs. (Exercice développé par Betty Martin à partir du « Three-Minute Game » de Harry Faddis.)
Télécharger la fiche pratique — Niveau 1 (PDF)
Instructions complètes et fiches individuelles à imprimer (4 pages) : version française adaptée par Mey Mekouar pour pratiquer chez soi, vêtements gardés.
En séance, cet outil dénoue un flou très courant : croire qu’on « donne » alors qu’on prend, ou « endurer » en croyant permettre. Nommer pour qui est l’action remet de la clarté là où s’installent la frustration, la baisse de désir ou la difficulté à dire non.
C’est un appui concret pour retrouver un consentement vivant : non pas seulement « ne pas dire non », mais savoir ce que l’on veut vraiment — et pouvoir le formuler.
Qu’est-ce que la Roue du consentement ?
Un modèle de Dr Betty Martin qui distingue, dans un échange, qui fait l’action et pour qui elle est faite. Il en résulte quatre situations — servir, recevoir, prendre, permettre — qui clarifient le consentement et le désir.
Quels sont les quatre quadrants ?
Servir (je fais, pour toi), Recevoir (Accepter) (tu fais, pour moi), Prendre (je fais, pour moi) et Permettre (tu fais, pour toi). Servir + Recevoir = la main du don ; Prendre + Permettre = la main de la prise.
Une même action peut-elle changer de catégorie ?
Oui. Le même geste — par exemple passer la main dans les cheveux — relève du « don » si la personne qui reçoit le demande pour elle, et de la « prise » si la personne qui fait le demande pour son propre plaisir. Ce qui tranche, c’est qui demande et pour qui.
Est-ce un outil sexuel ?
Pas seulement. Le jeu des trois minutes se pratique avec un simple toucher, non nécessairement sexuel. Le modèle s’applique à toute relation où l’on donne, reçoit, prend ou permet.
Où trouver le schéma officiel et les formations ?
Le schéma, le livre The Art of Receiving and Giving et les formations sont sur les sites officiels de Dr Betty Martin : wheelofconsent.org et bettymartin.org. Cette page en propose une présentation pédagogique en français.