Contenu protégé — citation avec attribution requise (CC BY-NC)

La Roue du consentement (Betty Martin)

Outil de clarté du consentement — d’après Betty Martin

La Roue du consentement
Servir · Recevoir · Prendre · Permettre

Un modèle simple et puissant pour distinguer, dans un échange, qui fait l’action — et pour qui elle est faite.

Télécharger la fiche pratique — Jeu des 3 minutes (PDF)

Partager :
WhatsApp
LinkedIn
Facebook
Email

Outil original créé par

Dr Betty Martin — The Wheel of Consent (la Roue du consentement)

Cette page est une présentation pédagogique originale, en français, par Mey Mekouar, psycho-sexologue. Le modèle, son schéma et ses supports sont la propriété de Dr Betty Martin (sous copyright) — schéma gratuit, vidéos, formations et livre The Art of Receiving and Giving sur ses sites officiels.

Voir l’outil original →bettymartin.org

Qu’est-ce que la Roue du consentement ?

La Roue du consentement est un modèle proposé par la Dr Betty Martin. Son idée centrale : dans tout échange — un massage, une caresse, un service rendu — deux choses se jouent en même temps. Qui fait l’action, et pour qui elle est faite. Le malaise, la frustration ou le consentement flou naissent souvent de la confusion entre ces deux plans.

Quand on répond clairement à ces deux questions, quatre situations apparaissent — quatre « quadrants ». Le même geste peut appartenir à l’un ou à l’autre selon l’intention. Ce n’est pas le geste qui change l’expérience, c’est la clarté sur ce qui est en train de se passer.

Les deux questions qui changent tout

1. Qui fait l’action ? — est-ce moi qui agis, ou est-ce l’autre qui agit sur moi ?

2. Pour qui est-ce ? — à qui ce moment est-il principalement destiné : à moi, ou à l’autre ?

Croiser ces deux axes donne les quatre cases ci-dessous. Apprendre à les nommer, c’est se redonner du choix — et un consentement vivant, pas seulement subi.

1
Servir
Je fais · c’est pour toi
Je réalise une action au service de ton plaisir ou de ton bien-être. Mon attention est tournée vers ce que toi tu veux. Le cadeau, ici, c’est mon geste.
Le don : offrir son geste, son attention, son temps — librement, dans la limite de ce qui reste juste pour soi.
L’ombre : se sur-donner, s’oublier, deviner les besoins de l’autre sans les vérifier — d’où la fatigue, le ressentiment, le rôle de « sauveur·euse ».
Au quotidien : « Dis-moi ce qui te ferait du bien, et je le fais — tant que ça reste ok pour moi. »
Exemple : Tu me confies que les caresses lentes dans le dos t’apaisent ; je te les offre à ton rythme, attentif·ve à ton plaisir à toi, sans rien attendre en retour à cet instant.

2
Recevoir (Accepter)
Tu fais · c’est pour moi
Je reçois ton action, offerte pour moi. Je n’ai rien d’autre à faire qu’accueillir ce que tu me donnes — et dire ce qui me convient. Betty Martin nomme ce quadrant Accept : recevoir est un acte, celui de dire un vrai oui au cadeau. Servir et Recevoir forment ensemble la « main du don ».
Le don : savoir recevoir — laisser quelqu’un faire pour soi, demander, accueillir sans se justifier.
L’ombre : ne pas savoir recevoir (« ça va, laisse »), ou à l’inverse exiger sans tenir compte de l’autre.
Au quotidien : « Voici ce dont j’ai envie ; merci de le faire pour moi. »
Exemple : Je te demande de me masser les mains et je m’installe simplement pour recevoir : je te dis ce qui me fait du bien, et je laisse le soin venir à moi.

3
Prendre
Je fais · c’est pour moi
Avec ton accord, je prends activement ce dont j’ai envie — pour mon propre plaisir. C’est moi qui agis, et c’est pour moi, dans le cadre que tu as posé.
Le don : oser prendre — formuler un désir et aller le chercher, à l’intérieur des limites de l’autre.
L’ombre : prendre sans accord clair, c’est la transgression ; ne jamais oser prendre, c’est s’effacer.
Au quotidien : « Est-ce que je peux… ? » — et n’avancer que sur un oui franc.
Exemple : Avec ton oui, je viens poser ma tête contre toi parce que j’en ai envie ; c’est moi qui prends ce contact, pour mon réconfort, dans la limite que tu as fixée.

4
Permettre
Tu fais · c’est pour toi
Je t’autorise à prendre, à faire pour ton plaisir — je prête, je laisse faire, dans mes limites. C’est toi qui agis, pour toi, avec ma permission. Prendre et Permettre forment ensemble la « main de la prise ».
Le don : offrir un espace clair — un « oui » qui a aussi ses « non ».
L’ombre : permettre au-delà de ses limites, endurer, s’abandonner par peur de décevoir.
Au quotidien : « Oui, tu peux — voici jusqu’où. »
Exemple : Tu as envie de poser ta tête sur mes genoux ; je te réponds oui, et je te prête ce moment — c’est pour ton plaisir, et je sais jusqu’où je suis d’accord.

Une même action, deux cases — le dialogue qui décide

Un seul geste : passer la main dans les cheveux de l’autre. Selon qui exprime le désir et formule la demande, il ne tombe pas dans la même case. Prenons deux personnes : Alex et Sam.

La demande vient de qui reçoitSam reçoit · Alex sert — main du don
Désir
Sam : « J’adore qu’on me passe la main dans les cheveux, ça me détend. »
Demande · par qui reçoit
Sam : « Tu voudrais le faire pour moi, là ? »
Alex : « Oui, avec plaisir. »

Le geste est pour Sam. → Sam Reçoit, Alex Sert.

La demande vient de qui faitAlex prend · Sam permet — main de la prise
Désir
Alex : « J’ai très envie de passer mes mains dans tes cheveux, juste pour le plaisir que ça me fait. »
Demande · par qui fait
Alex : « Est-ce que je peux, pour moi ? »
Sam : « Oui — doucement, et je te dis si j’arrête. »

Le même geste, mais pour Alex. → Alex Prend, Sam Permet.

Même action, deux cases opposées. Ce qui tranche, ce n’est pas le geste — c’est qui demande et pour qui. D’où la trame qui sécurise l’échange : d’abord nommer le désir, puis poser une demande claire, à laquelle l’autre peut répondre un vrai oui… ou un vrai non.

Les deux mains : donner et prendre

Les quatre cases se regroupent en deux dynamiques. La main du don (Servir + Recevoir) : l’action est pour la personne qui reçoit. La main de la prise (Prendre + Permettre) : l’action est pour la personne qui agit.

La même caresse peut donc appartenir à des cases opposées selon « pour qui » elle est faite. Tout l’enjeu — et tout le soin — tient dans cette clarté : ce flou, laissé implicite, est à l’origine de bien des malentendus, des ressentiments et des consentements ambigus.

Le jeu des trois minutes

Pour ressentir ces cases dans le corps plutôt que de seulement les comprendre, Betty Martin propose un exercice simple, pas nécessairement sexuel. À tour de rôle, sur un temps court, on se pose deux questions :

· « Comment as-tu envie que je te touche ? » → tu reçois, je sers.
· « Comment as-tu envie de me toucher ? » → tu prends, je permets.

Chaque demande peut recevoir un oui ou un non ; on inverse ensuite les rôles. L’intérêt : sentir concrètement la différence entre faire pour l’autre et faire pour soi, et réapprendre à poser un oui et un non clairs. (Exercice développé par Betty Martin à partir du « Three-Minute Game » de Harry Faddis.)

Télécharger la fiche pratique — Niveau 1 (PDF)

Instructions complètes et fiches individuelles à imprimer (4 pages) : version française adaptée par Mey Mekouar pour pratiquer chez soi, vêtements gardés.

Pourquoi je l’utilise en consultation

En séance, cet outil dénoue un flou très courant : croire qu’on « donne » alors qu’on prend, ou « endurer » en croyant permettre. Nommer pour qui est l’action remet de la clarté là où s’installent la frustration, la baisse de désir ou la difficulté à dire non.

C’est un appui concret pour retrouver un consentement vivant : non pas seulement « ne pas dire non », mais savoir ce que l’on veut vraiment — et pouvoir le formuler.

Prendre rendez-vous →
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la Roue du consentement ?

Un modèle de Dr Betty Martin qui distingue, dans un échange, qui fait l’action et pour qui elle est faite. Il en résulte quatre situations — servir, recevoir, prendre, permettre — qui clarifient le consentement et le désir.

Quels sont les quatre quadrants ?

Servir (je fais, pour toi), Recevoir (Accepter) (tu fais, pour moi), Prendre (je fais, pour moi) et Permettre (tu fais, pour toi). Servir + Recevoir = la main du don ; Prendre + Permettre = la main de la prise.

Une même action peut-elle changer de catégorie ?

Oui. Le même geste — par exemple passer la main dans les cheveux — relève du « don » si la personne qui reçoit le demande pour elle, et de la « prise » si la personne qui fait le demande pour son propre plaisir. Ce qui tranche, c’est qui demande et pour qui.

Est-ce un outil sexuel ?

Pas seulement. Le jeu des trois minutes se pratique avec un simple toucher, non nécessairement sexuel. Le modèle s’applique à toute relation où l’on donne, reçoit, prend ou permet.

Où trouver le schéma officiel et les formations ?

Le schéma, le livre The Art of Receiving and Giving et les formations sont sur les sites officiels de Dr Betty Martin : wheelofconsent.org et bettymartin.org. Cette page en propose une présentation pédagogique en français.