Contenu protégé — citation avec attribution requise (CC BY-NC)

Pourquoi ai-je du mal à atteindre l’orgasme ?

Connaissances · Sexologie

Pourquoi ai-je du mal à atteindre l’orgasme ?

Lorsque l’orgasme devient une source de pression, quelque chose d’important mérite d’être compris.

Velours côtelé bleu Klein — sensations et plaisir

Lorsque l’orgasme devient une source de pression

L’orgasme occupe une place importante dans les représentations de la sexualité. Dans les films, les séries, la pornographie ou certains discours populaires, il apparaît souvent comme l’objectif naturel de toute relation sexuelle.

Pourtant, de nombreuses personnes rencontrent des difficultés à atteindre l’orgasme. Certaines n’ont jamais connu d’orgasme. D’autres y parviennent seules mais pas avec un ou une partenaire. D’autres encore constatent que leur capacité à atteindre l’orgasme a changé au cours de leur vie.

Ces situations sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne l’imagine. Et contrairement à une idée reçue, elles ne signifient pas nécessairement qu’il existe un problème médical ou psychologique grave.

L’orgasme n’est pas uniquement une question de technique

Face aux difficultés orgasmiques, beaucoup de personnes cherchent immédiatement une explication technique. Elles se demandent : est-ce que je fais quelque chose de travers ? Est-ce que mon partenaire s’y prend mal ? Est-ce qu’il me manque une information ? Est-ce que mon corps fonctionne normalement ?

Ces questions sont légitimes. Cependant, l’orgasme dépend généralement d’une combinaison complexe de facteurs physiques, émotionnels, relationnels et contextuels.

Le rôle du système nerveux

L’orgasme est souvent présenté comme quelque chose que l’on doit provoquer. En réalité, il est davantage quelque chose que le corps autorise lorsque certaines conditions sont réunies.

Pour de nombreuses personnes, la difficulté n’est pas de produire plus d’excitation mais de pouvoir suffisamment se détendre pour laisser l’expérience se déployer. Le stress, l’anxiété, la peur du jugement, l’hypervigilance, certaines préoccupations ou la pression de résultat peuvent rendre l’orgasme plus difficile à atteindre.

Plus notre attention se focalise sur ce qui devrait se produire, moins elle est disponible pour ce qui est réellement en train d’être ressenti.

La pression de performance

L’une des causes les plus fréquentes des difficultés orgasmiques est paradoxalement la volonté d’avoir un orgasme. Lorsque toute l’attention se concentre sur le résultat, il devient parfois difficile de rester en lien avec ses sensations.

Certaines personnes se surprennent à surveiller leur excitation, à analyser leurs réactions ou à se demander continuellement si elles sont sur le point d’avoir un orgasme. Cette auto-observation peut parfois éloigner de l’expérience plutôt que de l’encourager.

Il n’existe pas une seule manière d’avoir un orgasme

La sexualité humaine est diverse. Certaines personnes atteignent l’orgasme facilement. D’autres ont besoin de davantage de temps, de stimulation ou de conditions particulières. Certaines préfèrent la stimulation clitoridienne directe. D’autres apprécient davantage certaines combinaisons de sensations. Certaines ont besoin de se sentir particulièrement en sécurité ou connectées émotionnellement.

Ces différences ne signifient pas qu’une manière serait plus normale qu’une autre.

Les facteurs qui peuvent influencer l’orgasme

De nombreux éléments peuvent jouer un rôle : le stress, la fatigue, certaines maladies chroniques, les douleurs sexuelles, certains traitements médicaux, les changements hormonaux, la grossesse, le post-partum, la périménopause, la ménopause, l’andropause, l’anxiété, la dépression, certaines expériences traumatiques, les difficultés relationnelles, l’image corporelle et la pression de performance.

Il est rarement pertinent de rechercher une cause unique.

Les médicaments peuvent-ils influencer l’orgasme ?

Oui. Certaines personnes constatent des changements dans leur désir, leur excitation ou leur capacité à atteindre l’orgasme après le début d’un traitement médical. Ces effets ne concernent pas tous les médicaments ni toutes les personnes, mais ils sont suffisamment fréquents pour mériter d’être pris en compte.

Parmi les traitements susceptibles d’influencer la sexualité, on retrouve notamment certains antidépresseurs, certains anxiolytiques, certains traitements hormonaux, certaines contraceptions hormonales, certains traitements contre la douleur, certains traitements cardiovasculaires et certains traitements utilisés dans le cadre de maladies chroniques.

Les effets observés peuvent être variés : diminution du désir sexuel, difficulté à atteindre l’orgasme, orgasme moins intense, besoin d’une stimulation plus importante, diminution de la lubrification, modifications de l’érection ou de l’éjaculation.

Il est important de rappeler que ces effets ne signifient pas que le traitement est inadapté ou qu’il doit être arrêté. L’équilibre entre les bénéfices d’un traitement et ses éventuels effets secondaires mérite toujours d’être discuté avec le professionnel qui l’a prescrit.

Si vous avez remarqué une modification de votre sexualité après l’introduction d’un médicament, il peut être utile d’en parler à votre médecin, votre psychiatre, votre gynécologue, votre urologue ou votre sexologue. Des ajustements sont parfois possibles.

Corps, hormones et sexualité

L’orgasme ne dépend pas uniquement de la volonté, de la technique ou de l’état d’esprit. Le fonctionnement hormonal, neurologique et vasculaire joue également un rôle important.

La grossesse, le post-partum, la périménopause, la ménopause, l’andropause, certaines maladies endocriniennes ou certains traitements peuvent influencer les sensations sexuelles, le désir et la capacité à atteindre l’orgasme.

Ces changements sont souvent vécus comme une source d’inquiétude. Pourtant, ils ne signifient pas nécessairement que la sexualité est perdue ou définitivement altérée. Ils invitent parfois à mieux comprendre le fonctionnement actuel de son corps et à adapter certaines attentes ou certaines habitudes.

Comprendre avant de se juger

Lorsqu’une difficulté orgasmique apparaît, beaucoup de personnes cherchent immédiatement ce qu’elles font mal. Elles se demandent : « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », « Pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? », « Pourquoi cela fonctionnait avant et plus maintenant ? »

Ces questions sont compréhensibles. Mais elles conduisent souvent à davantage de pression, de frustration et d’auto-critique. Une approche plus utile consiste souvent à remplacer le jugement par la curiosité.

Au lieu de chercher immédiatement ce qui ne fonctionne pas, il peut être intéressant d’explorer ce qui favorise votre excitation, ce qui freine votre plaisir, les conditions dans lesquelles vous vous sentez en sécurité, les moments où votre corps semble davantage disponible, et les changements récents dans votre vie, votre santé ou votre relation.

Je peux avoir un orgasme seul·e mais pas avec un ou une partenaire : est-ce normal ?

Oui. C’est une situation fréquente et elle ne signifie pas nécessairement qu’il existe un problème dans votre relation ou dans votre sexualité.

Lorsque nous sommes seul·e, nous connaissons généralement mieux notre corps, nos préférences et notre rythme. Avec un ou une partenaire, d’autres dimensions entrent en jeu : le sentiment de sécurité, la confiance, la vulnérabilité, l’image de soi, la communication, la peur d’être jugé·e, la peur de prendre trop de temps, la difficulté à demander ce dont on a besoin.

Certaines personnes découvrent que ce n’est pas l’orgasme qui pose problème mais les conditions dans lesquelles elles essaient de l’atteindre.

Je n’ai jamais eu d’orgasme : suis-je anormal·e ?

Non. Certaines personnes atteignent l’orgasme très facilement. D’autres ont besoin de davantage de temps, d’exploration ou d’expériences pour découvrir ce qui leur convient. L’absence d’orgasme ne permet pas à elle seule de conclure à un problème médical ou psychologique.

De nombreux facteurs peuvent intervenir : le manque d’information sur son anatomie, une connaissance encore limitée de ses préférences sexuelles, la difficulté à se concentrer sur ses sensations, certaines croyances sur la sexualité, le stress, certains traitements médicaux, des facteurs hormonaux et certaines expériences de vie.

Les idées reçues qui compliquent souvent l’orgasme

De nombreuses personnes consultent avec l’impression qu’elles devraient atteindre l’orgasme rapidement, à chaque rapport, de la même manière que les autres, uniquement grâce à la pénétration, et sans avoir besoin de guider leur partenaire. Ces croyances peuvent générer beaucoup de pression. La réalité est souvent bien plus variée.

L’orgasme n’est pas un examen à réussir

Lorsque la sexualité devient une série d’objectifs à atteindre, il devient parfois difficile de rester en lien avec ce qui se passe réellement dans l’instant présent. Le plaisir, la curiosité, le jeu, la sensualité et la connexion émotionnelle passent alors au second plan. Pourtant, ce sont souvent ces dimensions qui favorisent le plus naturellement l’émergence de l’orgasme.

Quand consulter ?

Vous pouvez consulter si vous n’avez jamais connu d’orgasme, si vous avez perdu la capacité à atteindre l’orgasme, si vous y parvenez seul·e mais pas avec un ou une partenaire, si cette difficulté génère de la souffrance, si elle crée des tensions dans votre relation, ou si vous souhaitez mieux comprendre votre fonctionnement sexuel.

À retenir

Les difficultés à atteindre l’orgasme sont fréquentes. Elles ne signifient pas que quelque chose ne fonctionne pas chez vous. L’orgasme dépend rarement d’un seul facteur : il est influencé par le corps, le système nerveux, le contexte, les émotions, la relation et l’histoire de chacun·e.

L’objectif n’est pas de forcer l’orgasme à apparaître mais de comprendre les conditions qui lui permettent, lorsqu’il le souhaite, de trouver sa place.

Consultation

Envie d’en parler ?

Je reçois en cabinet à Paris 14e et en ligne. Un espace confidentiel, structuré et sans jugement pour explorer ce qui vous préoccupe.

En savoir plus sur mey PSYCHO SEXOLOGUE

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture