Contenu protégé — citation avec attribution requise (CC BY-NC)

L’érection a besoin d’un certain sentiment de sécurité

Connaissances · Sexologie

L’érection a besoin d’un certain sentiment de sécurité

L’érection n’est pas qu’une mécanique. C’est aussi une réponse du système nerveux à l’état intérieur.

Texture organique bleu Klein — corps et sécurité

Beaucoup d’hommes viennent en consultation avec une question qui les trouble : « J’ai envie, je suis attiré, mais mon corps ne suit pas. » L’érection ne se produit pas, ou disparaît au moment de passer à l’acte. Quand les examens médicaux sont normaux, la réponse n’est pas dans la mécanique — elle est souvent dans l’état interne.


L’érection est régulée par le système nerveux autonome

L’érection est une réponse vasculaire : les vaisseaux sanguins du pénis se dilatent pour permettre l’afflux sanguin. Cette dilatation est régulée par le système nerveux parasympathique — la branche du système nerveux associée au repos, à la sécurité, à la digestion et à la récupération. Lorsque le système nerveux sympathique est activé — celui de l’alerte, du stress, de la vigilance — il inhibe la réponse érectile. Ce n’est pas de la volonté. C’est de la physiologie. L’équilibre entre ces forces d’activation et d’inhibition a été formalisé en recherche sous le nom de modèle du double contrôle (Bancroft & Janssen, 2000). (Pour le détail de ces deux systèmes, voir système nerveux et sexualité.)


Ce qui peut activer le système sympathique

Le stress professionnel ou personnel. L’anxiété de performance — la peur de ne pas être à la hauteur. La honte ou la culpabilité autour de la sexualité. Une relation dans laquelle on ne se sent pas en sécurité. Une première fois avec quelqu’un de nouveau. Un contexte de pression ou d’attente. Un épisode antérieur de difficulté érectile qui génère de l’anticipation négative. Dans ces situations, le corps répond à une menace perçue — même si la menace est uniquement psychologique.


L’anxiété de performance : un cercle qui se referme

Après un ou plusieurs épisodes de difficulté érectile, l’anxiété s’installe souvent. L’homme commence à surveiller son érection, à se demander si elle va venir, à s’observer plutôt qu’à se laisser porter. Cette attention anxieuse active précisément le système sympathique — et empêche la réponse parasympathique. Un cercle se referme, qui n’a rien à voir avec le désir ou l’attraction. C’est le même mécanisme que décrit l’article anxiété de performance : quand vouloir réussir fait échouer.


Mon approche

Quand j’accompagne un homme qui vit des difficultés érectiles d’origine psychogène, nous travaillons ensemble sur la compréhension de ce mécanisme, la réduction de l’anxiété de performance, la création de conditions plus favorables à la sécurité interne, et parfois sur des exercices progressifs qui permettent de restaurer la confiance dans son corps. Le but n’est pas de forcer l’érection — c’est de créer les conditions dans lesquelles elle peut revenir naturellement.

Sources

  • Bancroft, J., & Janssen, E. (2000). The dual control model of male sexual response: a theoretical approach to centrally mediated erectile dysfunction. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 24(5), 571-579. doi.org/10.1016/S0149-7634(00)00024-5

Consultation

Envie d’en parler ?

Je reçois en cabinet à Paris 14e et en ligne. Un espace confidentiel, structuré et sans jugement pour explorer ce qui vous préoccupe.

En savoir plus sur mey PSYCHO SEXOLOGUE

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture