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Le consentement est essentiel. Est-il toujours suffisant ?

Article · Sexologie

Le consentement est essentiel. Est-il toujours suffisant ?

Le consentement est indispensable. Mais consentir ne signifie pas toujours tout connaître de soi.

Deux mains formant un cœur — consentement et respect, bleu Klein

Dans les discussions autour de la sexualité, le consentement est souvent présenté comme la référence fondamentale permettant de distinguer ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas.

Et il est important de le rappeler :
sans consentement, il n’y a pas de rencontre véritable.
Le consentement est un pilier indispensable du respect, de l’autonomie et de la liberté.

Pourtant, dans ma pratique, une autre réalité apparaît parfois.
Une réalité plus complexe.

Car consentir ne signifie pas toujours savoir.

Nous ne nous connaissons pas toujours aussi bien que nous le croyons

Nous pouvons accepter une expérience, une situation, une relation ou une pratique avec sincérité.
Et découvrir ensuite qu’elle nous a touchés d’une manière inattendue.

Nous pouvons croire qu’une expérience nous correspond.
Puis réaliser, une fois celle-ci vécue, qu’elle est venue rencontrer :

  • une blessure ancienne ;
  • une peur enfouie ;
  • une vulnérabilité méconnue ;
  • une limite dont nous n’avions pas conscience.

L’être humain n’est pas une machine capable de prévoir à l’avance toutes ses réactions émotionnelles.
Nous nous découvrons souvent en chemin.

Certaines limites ne deviennent visibles qu’en les rencontrant

Certaines de nos frontières sont parfaitement conscientes.
D’autres ne se révèlent qu’au contact de l’expérience.

Cela ne signifie pas que nous avons mal communiqué.
Ni que nous avons été malhonêtes.
Cela signifie simplement que certaines parties de nous-mêmes étaient encore inconnues.

Lorsque le consentement existe mais que la souffrance apparaît

Il arrive parfois qu’une personne ait donné son accord de manière libre et sincère.
Et qu’elle ressente malgré tout, après coup :

  • du malaise ;
  • de la confusion ;
  • de la honte ;
  • de la colère ;
  • du regret ;
  • ou une souffrance durable.

Cette réalité mérite d’être entendue.

Elle ne signifie pas automatiquement que le consentement était absent.
Elle ne signifie pas non plus automatiquement que tout s’est bien passé.
Elle signifie parfois que l’expérience a rencontré quelque chose que la personne ne connaissait pas encore d’elle-même.

Lorsque la souffrance apparaît, la première question est toujours celle du consentement

Lorsqu’une expérience laisse un souvenir douloureux, la première question à se poser est toujours :
« Le consentement était-il vraiment libre ? »

Il peut arriver que le consentement ait été compromis par :

  • une manipulation ;
  • un mensonge ;
  • une dissimulation importante ;
  • une pression explicite ou implicite ;
  • une situation d’emprise ;
  • un déséquilibre de pouvoir ;
  • une impossibilité réelle de refuser.

Ces questions méritent d’être posées sérieusement, et les réponses doivent être entendues sans minimisation.

Ce n’est qu’une fois ces questions honnêtes traversées — et seulement dans les cas où le consentement était effectivement libre et éclairé — qu’une autre lecture peut parfois s’ouvrir : celle d’une expérience qui a rencontré une limite encore inconnue de soi.

Cette seconde lecture ne remplace pas la première. Elle ne s’y substitue pas. Et elle ne s’applique pas si le consentement était compromis.

Ce que l’on découvre de soi n’appartient pas à la violation

Et même dans les cas où une expérience non consentie aurait, par ailleurs, révélé quelque chose sur soi — une limite, une vulnérabilité, une vérité intime — cette découverte ne change rien à la nature de ce qui s’est passé.

Elle ne réduit pas la gravité de la violation.
Elle ne l’excuse pas.
Elle ne la légitime pas.

Ce que l’on apprend sur soi à l’occasion d’un acte subi n’appartient pas à cet acte.
Cela appartient à la personne.

La connaissance de soi qui émerge d’une expérience douloureuse est le fruit de la résistance, du chemin parcouru, du travail intérieur — pas de la violation elle-même.

Consentir ne signifie pas nécessairement aimer

Une autre confusion fréquente consiste à penser :
« Si j’ai consenti, je devrais avoir aimé. »

Pourtant, consentir et apprécier sont deux choses différentes. Le consentement répond à une question : « Est-ce que je choisis librement d’essayer cette expérience ? » Il ne répond pas à cette autre question : « Est-ce que cette expérience me conviendra réellement ? »

En quelques mots

Le consentement est essentiel.
Il protège notre liberté et notre autonomie.
Mais il ne garantit pas qu’une expérience sera agréable, bénéfique ou sans conséquence.

Le consentement répond à la question :
« Suis-je libre de choisir ? »

Il ne répond pas toujours à la question :
« Cette expérience sera-t-elle bonne pour moi ? »

Car la liberté ne nous protège pas toujours de la souffrance, de l’erreur ou de la déception.
Mais elle nous permet d’apprendre, de nous découvrir et de choisir notre propre chemin.


📚 Pour aller plus loin, retrouvez mes autres articles de sexologie sur la page Articles de sexologie.

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